Elle
André Baltazar
Elle aime le thé avant avant le thé, pour l‘eau qu’on met dans la bouilloire, pour celle brûlante qu‘on met dans la tasse (porcelaine blanche sans fleurs ni couronnes), pour le sachet q’uon y plonge et qui dérive un peu en se gonflant au bout d‘un fil.
Lentement, par brumes et par brouillards, l’eau se teinte, unit ses ombres. La petite cuillière tourne et agite avec sagesse ce ciel de Chine. Pas de sucre, ni de canard : un filet de miel à la rousseur d‘abeille s’y glisse et s‘y mêle. Et un round de citron fait des ronds qui s‘éteignent sur les bords de la tasse déjà toute proche des lèvres.
Le palais, plus que la langue, s’éparpille.
Elle regarde chaque jour ce miroir enfermé enfermé dans le rond de sa tasse de porcelaine blanche, ce miroir qui sent la tisane.
Voilà ! Aujourd’hui, j’ai décidé de vous partager un petit morceau choisi de poésie belge concernant le thé ! J’espère que vous avez aimé !